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Pr. Viviane Kovess-Masfety - Santé mentale des jeunes
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Travaux
Date de publication
Formation de travail liée :
Sous-titre
Pr. Viviane Kovess-Masfety, Psychiatre, épidémiologiste
Chapeau
"Ce qui serait formidable, c'est si cette cause nationale permettait de réfléchir sérieusement sur l'organisation du système de soins, en particulier sur l'approche graduée, c'est à dire essayer de répartir entre les différents niveaux de soins, les problèmes de santé mentale."
Corps
Pr. Viviane Kovess-Masfety, Psychiatre, épidémiologiste, a été auditionnée par la Commission Affaires sociales et santé du CESE dans le cadre de la saisine : La santé mentale des jeunes.
Y a-t-il des différences entre les genres dans l’état de la santé mentale des jeunes ?
La psychiatre et épidémiologiste, Pr Viviane Kovess-Masfety, explique que l’état de la santé mentale diffère selon le genre. Il est possible, dès l’âge de 6 ans, d’identifier des troubles différents selon le genre. Les petites filles sont touchées par des troubles anxieux ou dépressifs tandis que les petits garçons sont davantage touchés par des troubles d’hyperactivité ou oppositionnels.
« Et puis quand ils grandissent cette différence continue. Donc, au fond, ces différences vont rester tout au long de la vie. »
Ces différences se poursuivent également à l’âge adulte et se renforcent. L’exemple du suicide en est le révélateur. Les filles ont davantage de pensées suicidaires alors que les garçons passent quatre fois plus à l’acte.
Comment le genre interagit avec les autres déterminants de la santé mentale ?
Le travail et l’insertion professionnelle sont deux autres déterminants de la santé mentale essentiels. Analysée au prisme du genre, cette période est souvent mal vécue par les filles, confrontées au plafond de verre, à la précarité et à des difficultés d’insertion dans le monde du travail, pourtant mieux diplômées que les garçons.
La charge mentale liée à la parentalité constitue un autre facteur déterminant de la santé mentale. Alors que l’on observe un nouvel équilibre au sein des familles, avec une meilleure répartition des tâches parentales, soulageant ainsi la charge mentale qui pèse sur les femmes, Pr. Viviane Kovess-Masfety, souligne que ce constat ne peut s’appliquer à tous les milieux sociaux et continue donc à peser, défavorablement, sur la santé mentale des femmes.
La santé mentale est « grande cause nationale 2025 » : quelles devraient être les priorités pour les jeunes filles ?
Ériger la santé mentale comme grande cause nationale 2025 doit permettre une réorganisation du système de soin « sur l’approche graduée ». Selon Pr. Viviane Kovess-Masfety, il faut répartir les problématiques liées à la santé mentale selon le niveau de soin nécessaire. Tout en réservant les soins psychiatriques aux problématiques les plus sévères, il faut former à la psychologie les intervenants de l’enfance pour les troubles légers et modérés afin qu’ils puissent reconnaitre les signes avant-coureurs de problèmes plus graves.
Les jeunes filles, de 16 à 18 ans, souffrent majoritairement de troubles anxieux et dépressifs. Dans ce contexte de santé mentale comme grande cause nationale, il semble intéressant de lancer des recherches expliquant pourquoi les femmes sont davantage touchées par ces troubles que les hommes, quelles en sont les éléments déclencheurs.
« Il y a peut-être une réflexion à faire sur ce qui fait que les jeunes filles dans le créneau de 16 à 18 ans ont tendance à faire des tentatives de suicide en cas d'événements malheureux Je pense qu’il y a une piste peut-être de recherche intéressante. »
Pour en savoir plus sur les travaux sur la santé mentale des jeunes


















