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Face aux transitions : une révolution des compétences ?

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Le 11 février 2026, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) organisait une rencontre intitulée « Face aux transitions, une révolution des compétences ? ». Entre mutation des organisations et aspirations nouvelles des salariés, retour sur les points clés de ce débat qui dessine l’avenir du travail.
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Le monde du travail face aux transitions
Les transitions économiques, écologiques, numériques et sociétales ne sont pas abstraites : elles se traduisent dans les situations de travail, les gestes professionnels, les organisations et les parcours individuels.
Le travail est un espace vivant, en transformation permanente, où les compétences se construisent, se renouvellent et se transmettent.

En ouverture de séance, Thierry Beaudet, président du CESE, a posé le cadre : les transitions écologique, numérique et démographique ne sont pas de simples « ajustements », mais des bouleversements profonds. Il souligne l’émergence de « fossés » entre les besoins des entreprises et la main-d’œuvre disponible, tout en notant une évolution des attentes des travailleurs : « l'exigence de qualité de vie au travail, le besoin de sens, la recherche d'un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. »
Pour poser les bases de la réflexion, Jean-Pierre Willems, consultant et chargé d'enseignement à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a proposé un retour historique sur la formation professionnelle en France. Son intervention a permis de comprendre comment notre système a évolué d'une logique de « métier » figé vers une approche plus dynamique de la « compétence », indispensable pour affronter l'instabilité actuelle du marché de l'emploi.

Passer d'une logique du « poste » à la « compétence »
Samuel Durand, réalisateur des documentaires Work in Progress, a apporté un éclairage basé sur ses rencontres internationales pour son documentaire Skills: Make It Work. Son constat est clair : nous basculons d'un monde de « risques » (prévisibles et calculables) vers un monde d’« incertitudes ».
Selon lui, le modèle traditionnel de la « fiche de poste » rigide devient obsolète. Il prône une organisation où l'on décompose les métiers en compétences pour gagner en agilité. Samuel Durand insiste sur le fait que la compétence ne doit pas être subie. L’enjeu est de faire coïncider les besoins de l’entreprise avec les envies des individus. Il cite l'exemple de l'entreprise Vibrant au Japon, qui recrute sans CV, uniquement sur la base du potentiel et de l'intérêt, car « si une personne a envie d’apprendre, elle développera les compétences plus vite que n’importe qui d’autre. »

Il résume en une formule ce qui apparaît pour lui comme l'enjeu majeur : « Travailler, c’est apprendre ; et apprendre, c’est travailler. » La formation ne doit plus être un événement ponctuel, mais faire partie intégrante du quotidien professionnel.
Ce changement de paradigme impose une mutation managériale. Pour Samuel Durand, le manager de demain n'est plus celui qui contrôle, mais celui qui écoute le « travail réel » et soutient le développement de ses collaborateurs. « La compétence est la pierre angulaire qu'il faut capter pour nourrir nos propres transformations », affirme-t-il.
Sécuriser et financer la formation
Anne-Claire Viémont, Directrice nationale IGENSIA RH, a insisté sur la sécurisation des parcours professionnels. Son intervention a porté sur la nécessité de créer des ponts entre la formation initiale et la formation continue pour éviter les ruptures de carrière lors des transitions sectorielles.

Gwenola Martin, Directrice de la formation professionnelle à la Caisse des Dépôts et Consignations, a apporté le point de vue du financeur et de l'opérateur de services. Elle a souligné le rôle pivot du Compte Personnel de Formation (CPF) et des outils numériques pour rendre la formation accessible à tous.

La transition écologique comme moteur de changement
Marie-Olive Otto, Conseillère sur le volet social du développement durable, CGDD (Ministère de la Transition écologique) a dessiné les contours de cette mutation du travail par le prisme de la transition écologique : ce n'est pas l'emploi qui s'évapore, c'est le geste professionnel qui se métamorphose. À ses côtés, Nicolas Graves porte le regard vers l'horizon de la souveraineté. Pour lui, la planification n'est pas qu'une affaire de chiffres, c'est une course contre la montre pour former les « bâtisseurs du bas-carbone ». Il rappelle avec force que chaque infrastructure verte restera une coquille vide si nous ne savons pas anticiper les savoir-faire critiques.

Revoir l'événement
Cet événement s'inscrit dans le cadre des travaux de la commission Travail et emploi qui produit actuellement une étude pour "repenser notre approche des compétences", rapportée par Eric Chevée et Thierry Cadart. Rendez-vous le 24 mars pour découvrir cette étude du CESE.
Crédit photos : Damien Carles SIPA / CESE


