Séamus Boland au CESE : « La société civile doit être au cœur de la nouvelle Europe »

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International
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Visite de Séamus Boland, président du Comité économique et social européen
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Le 25 mars 2026, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a reçu Séamus Boland, nouveau président du Comité économique et social européen (CES européen) depuis le 22 octobre 2025. Pour l'un de ses tout premiers déplacements officiels, il a rappelé le rôle vital de la société civile organisée pour répondre aux défis d'une Europe en pleine mutation.

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Élu 35e président du CESE européen en octobre 2025, l'irlandais Séamus Boland est une figure historique de l'engagement associatif. Agriculteur de profession et directeur général de Irish Rural Link (réseau national de développement rural en Irlande), il a consacré plus de quarante ans de sa vie à la lutte contre la pauvreté, l'exclusion sociale et la défense des territoires ruraux.

C'est cet acteur de terrain, issu de la société civile, qu'a accueilli au Palais d'Iéna Thierry Beaudet, président du CESE. Saluant l'importance de cette visite, Thierry Beaudet a tenu à souligner la solidité de l'axe franco-européen des sociétés civiles : « Ensemble, Comité européen et CESE français, nous avons travaillé sur l'élargissement de l'Union européenne, sur la politique européenne de cohésion, sur le bouclier démocratique européen ».

Trois piliers pour le mandat européen : opportunités, sécurité, résilience

À la tribune, devant les conseillères et conseillers du CESE, Séamus Boland a détaillé sa feuille de route pour le CESE européen, articulée autour de trois grandes « unions » destinées à protéger les citoyens et à renforcer l'Europe :

L'Union des opportunités 

Faisant de l'éradication de la pauvreté une priorité, Séamus Boland a mis l'accent sur les urgences qui frappent la jeunesse européenne. Il a notamment pointé la crise du logement et l'enjeu crucial de la santé mentale des jeunes, dégradée par les crises successives et la pression des réseaux sociaux. Un sujet dont s'est emparé le CESE il y a quelques mois.

L'Union de la sécurité 

Le président a appelé l'Europe à investir dans des stratégies proactives pour gérer les crises. Il ne s'agit pas seulement de défense militaire, mais d'une préparation globale des populations face aux événements climatiques extrêmes, aux crises sanitaires ou aux ruptures d'approvisionnement notamment alimentaire ou hospitalier.

L'Union de la résilience 

Face aux chocs que nous traversons, Séamus Boland a tenu à tordre le cou à une idée fausse : la justice sociale, l'écologie et l'économie ne s'opposent pas. Au contraire, elles se renforcent. À titre d'exemple, il a rappelé qu'une véritable égalité femmes-hommes permettrait de créer 10 millions d'emplois d'ici 2050 et de doper le PIB européen. Les valeurs fondamentales sont donc nos meilleurs boucliers économiques.

Photo de Séamus Boland, président du CES européen, s'exprimant dans l'hémicycle du CESE français, au Palais d'Iéna.
© Damien Carles / SipaPress / CESE

Un échange direct avec les conseillères et conseillers français

L'intervention s'est poursuivie par un temps d'échange avec les membres de l'assemblée, abordant sans fard les inquiétudes de la société civile française.

Interpellé par Dominique Joseph (groupe Santé et citoyenneté) sur les menaces grandissantes qui pèsent sur l'espace civique et les libertés associatives dans certains États membres, Séamus Boland s'est montré d'une fermeté absolue :

 « Les pays qui persécutent et nient les libertés et le financement de la société civile n'ont pas le droit de s'appeler des démocraties »

Les débats se sont ensuite orientés vers les tensions économiques et écologiques. Répondant aux craintes exprimées par Pascal Mayol (groupe Environnement et nature) concernant les récents reculs politiques autour du Pacte Vert européen (en anglais "Green deal"), le président a reconnu la complexité de la période, tout en garantissant que son institution maintiendrait un cap ambitieux sur l'économie circulaire et l'urgence climatique.

Une transition qui ne doit d'ailleurs pas se faire au détriment de la place de l'Europe dans le monde. Interrogé par Anne-Marie Couderc (groupe Entreprises) sur le rapport de force mondial face aux États-Unis et à la Chine, Séamus Boland a souligné la nécessité de « renforcer nos économies pour pouvoir financer nos valeurs ». Il a toutefois mis en garde contre la tentation d'une simplification excessive qui sacrifierait les droits des travailleurs sur l'autel de la compétitivité.

« La démocratie se mesure à l'aune de la force de la société civile et de sa liberté d'exister », a-t-il conclu, saluant la vigueur et l'exigence des travaux menés par le CESE français.

🎥 Retrouvez l'intervention complète de Séamus Boland