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Cercle Aqua Sûreté - gouvernance internationale face aux enjeux de la gestion durable de l’eau
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Travaux
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Franck Galland, expert en géopolitique
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Franck Galland, expert en géopolitique, fondateur et animateur du cercle Aqua Sûreté, a été auditionné par la Commission Affaires européennes et internationales du CESE dans le cadre de la saisine "La gouvernance internationale face aux enjeux de la gestion durable de l’eau".
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L'eau, nouvel enjeu de sécurité collective mondiale
La gestion des ressources en eau est devenue un sujet crucial pour la paix et la sécurité internationales. Depuis 2016, année où le Conseil de sécurité des Nations Unies a traité pour la première fois du lien entre eau, paix et sécurité, les tensions autour de cette ressource vitale ne cessent de s'intensifier dans plusieurs régions du monde.
Des tensions croissantes sur les grands bassins fluviaux
Les conflits liés à l'eau se multiplient sur les principaux bassins hydrographiques de la planète. Selon Franck Galland, ces tensions résultent principalement de "politiques unilatérales de construction d'ouvrages hydrauliques en amont de certains États, ce qui ne plaît absolument pas aux pays de l'aval."
Le bassin du Nil illustre parfaitement cette problématique. Le grand barrage de la Renaissance, récemment entré en phase d'exploitation en Éthiopie, soulève des inquiétudes majeures quant à ses conséquences sur la sécurité collective et la souveraineté de l'Égypte, pays situé en aval du fleuve.
Au Moyen-Orient, les barrages construits par la Turquie sur l'Euphrate et le Tigre affectent directement la stabilité de la Syrie et de l'Irak. En Asie, les ambitions chinoises de créer un grand barrage sur le Brahmapoutre, qui prend sa source sur les contreforts tibétains, inquiètent profondément l'Inde et le Bangladesh, dont l'alimentation en eau dépend largement de ce fleuve.
L'été dernier, le bassin de l'Indus a également connu des tensions significatives, confirmant que l'eau est désormais "un sujet de défense et de sécurité collective."
Une prise de conscience internationale
Face à ces défis, la communauté internationale commence à réagir. Le Conseil de sécurité des Nations Unies est de plus en plus saisi sur les problématiques liées à l'eau, notamment en vertu de l'article 35 de la Charte concernant les décisions unilatérales susceptibles de provoquer des problèmes de sécurité régionale.
Des organisations régionales s'emparent également du sujet. L'Organisation de coopération de Shanghai, par exemple, s'intéresse désormais à la gestion transfrontalière des ressources en eau. En 2019, lors de son sommet à Bichkek au Kirghizstan, la thématique de l'eau a été abordée pour la première fois sous l'angle de la sécurité, de la paix et de la coopération.
Le 22 mars 2023 a marqué un tournant historique : pour la première fois depuis 35 ans, des chefs d'État et de gouvernement se sont réunis à New York pour discuter de la raréfaction de la ressource en eau et de la dégradation de sa qualité.
Penser global, agir local
Pour Franck Gallant, si les instances internationales jouent un rôle essentiel, la véritable clé de la coopération réside dans l'action locale :
"Dans le domaine de l'eau, il faut certes penser global, mais il faut agir local."
Les organismes de bassin apparaissent comme les structures les mieux adaptées pour décliner des initiatives concrètes et opérationnelles.
Les organismes de bassin ? Un organisme de bassin a pour mission d'être l'acteur principal en matière de gestion de l'eau d'un bassin versant. Ces organismes permettent le partage de données scientifiques et techniques, ainsi qu'une exploitation commune des installations et ouvrages fluviaux. Il existe un réseau international des organismes de bassin.
L'Organisation de mise en valeur du fleuve Sénégal en est un exemple probant.
Cette approche par bassin versant constitue selon Franck Galland "le meilleur des maillages" pour gérer la ressource de manière concertée et prévenir les conflits.







